Tuesday, July 6, 2010

Des jours sans histoires - Normal days


Il pleut beaucoup en ce moment - une douche l'apres-mid, et parfois une le matin, et hier toute la nuit. La mousson arrive.

Il rains a lot these days: one shower in the afternoon, sometimes one in the morning, and yesterday all night. Mansoon is coming.


Quelle est la pire chose qui peut arriver ici? Bon d'accord, peut-être pas la pire des choses, mais quelque chose de vraiment embêtant. En plus je m'étais bien dit qu'avec de la chance, ca me tomberait dessus. Donc ce matin, au moment précis ou j'avais fini de me couvrir de shampoing et de savon dans la douche, l'eau arrête de couler... S'ensuivent maints jurons et supplications. A 6h du matin, tout le monde dort, donc impossible de demander à quelqu'un de me donner de l'eau filtrée que nous avons en réserve dans la cuisine pour boire. Et me voilà bien énervé à me couvrir la taille de ma serviette, toujours plein de savon, pour aller chercher 2 bouteilles d'eau minérales que, par chance!, j'avais gardées dans ma chambre. Le rinçage fut succinct.

What is the worst thing that can ever happen here? Ok, maybe not the worst worst, but pretty bad? It's to get your shower, and exactly when you are all shampooed, full of soap, the water stops running... It's 6 in the morning, you can't see very well, nobody is up that can give you some of that filtered water we have in the kitchen for drinking. I was pretty mad this morning when that happened to me. Swearing in French several times, I had to get out of the bathroom, full of soap, with at least my towel wrapped around my waist, to get the last 2 bottles of mineral water I fortunately had kept in my room, to rinse myself as I could. Happy, happy Nepal.



Alors aujourd'hui était un jour spécial puisque c'était l'anniversaire du Dalai-Lama, en gros le 14 juillet tibétain. Je croyais que cela serait plus animé, mais finalement, ce fut assez calme. D'abord il a plu toute la journée, et puis la police anti-émeute patrouillait dans tout le quartier. Je crois que le gouvernement du Népal interdit les larges rassemblements de Tibétains dans la capitale: ca fait un peu désordre face a la Chine, qui pèse lourd sur ce pays himalayen.

C'est un peu la semaine des anniversaires, puisque la veille nous avons fêté celui de Chris, le voisin de pallier, dans le style « anniversaire a la sauce népalo-américaine ». Le propriétaire avait transformé son magasin en salle de soirée, ou les cuisiniers nous ont servi de la nourriture népalaise avec un gâteau qu'il avait acheté au Hyatt. Ma première goutte d'alcool depuis 1 mois!

Apart from this misfortune, the day has been pretty good. It is an important day today since it is the birthday of the Dalai-Lama. It is basically the Tibetan National Day. So his portrait is everywhere, shows with songs and dances are organized, and the pilgrims turn even more around the stupa.

It's a week of birthdays it seems, since yesterday was the birthday of one of my neighbor of the last floor. Since Ram, the owner, knows him pretty well, he organized a party with nice food - including a cake of course - drinks and Nepali-Indian music. Party in Kathmandu. It was a pretty nice night actually, the only alcohol I had in almost a month.


Sinon rien de bien spécial depuis une semaine. J'ai maintenant des habitudes assez bien établies: lever avec le soleil, tours de stupa, thé au lait en lisant Buddhaghosa, travail seul, classe privée avec les savants tibétains, déjeuner, travail, etc. J'ai donc trouvé le matin un restaurant tibétain qui ouvre a 6h, ce qui me permet de prendre mon chiya après quelques tours de stupa. C'est toute une famille qui tient ce resto, un peu en retrait des passages principaux. Ils sont de l'Amdo (est), et parlent ce tibétain direct et rocailleux, que grâce aux nombreuses connaissances amdowas de France et des États-Unis je peux comprendre un peu. L'autre jour, ils se sont tous assis a ma table, pour partager un petit déjeuner fait de thé au lait et de confiture sur des roti (le pain indien sans levain). Comme en tibétain (de même que dans beaucoup d'autres langues asiatiques), on s'adresse aux autres en employant des termes de la famille (le père par exemple, qui est sans cesse assis et attend qu'on lui serve thé et nourriture, je l'appelle pala, c'est-a-dire « Pere »), on aurait dit que j'étais un cousin lointain de passage partageant un repas avec des oncles, des tantes, des cousins et cousines – évidemment si on enlève l'accent et la couleur de la peau. Mais ces choses-la s'enlèvent assez facilement ici.

Grace a eux, j'ai pu enfin trouver un prof de litterature. J'en cherchais un depuis plusieurs semaines maintenant. Je veux pouvoir tout lire en tibétain, et la littérature moderne est un de mes intérêts, mais c'est un genre qui nécessite bien d'autres capacités que celles requises pour lire des textes philosophiques. Ils m'ont donc mis en relation avec quelqu'un qui lit de la littérature moderne. Je pensais tomber sur un prof fumant la cigarette et poète a ses heures, portant jeans ou costume trois pièces. Je fus un peu surpris – et un peu déçu je dois dire – de constater qu'il s'agissait d'un moine, d'un bon moine joufflu. Mais en fait, ce fut une très bonne rencontre. Il est aussi de l'Amdo, et comme beaucoup d'écrivains modernes sont de cette région, cette littérature conserve des traits linguistiques de l'est du Tibet – essentiellement du vocabulaire. En discutant des auteurs que je voulais lire, il commença, a mon plus grand plaisir, a me suggérer d'autres auteurs, et aussi de la poésie, notamment le Ramayana tibétain, écrit au XVe siècle par Zhang zhung Cheuwang dragpa, que tout le monde connait évidemment! Cela fait 6 mois que je voulais me plonger dans cette poésie érudite très difficile (héritière de la poésie sanskrite), j'étais donc ravi qu'il le propose. Nous avons déjà travaille deux jours (le prof de littérature c'est pour le week end, la semaine c'est la philosophie), et ce fut très productif, donc j'ai bon espoir que nous fassions du bon travail.

Mon autre rencontre majeure de cette semaine, c'est Maili. J'ai rencontré Maili par l'intermédiaire d'un Autrichien que je connais par le centre Sakya ou je travaille avec les érudits tibétains. Elle tient un petit magasin de boissons, ou il n'y a presque rien. Elle avait invité Christian, cet Autrichien, a venir manger avec un ami, alors il m'a emmené. Comme c'était tellement bon, je lui ai proposé de cuisiner mes déjeuners. On s'est mis d'accord sur le prix, et tous les jours j'ai le droit a une variation sur le thème légumes revenus dans des épices, riz, roti et dal (cette sorte de soupe de lentilles avec épices). C'est fait maison, c'est très bon, c'est prêt quand j'arrive, et j'ai la surprise de ce que je vais manger. En outre, je soupçonne une histoire assez triste dans sa vie – son mari semble l'avoir quitté il y a 10 ans, alors elle s'est retrouvée ici toute seule, dans son petit magasin de boissons. Alors quand je mange, elle me parle comme elle peut dans l'anglais qu'elle possede, de sa vie, de la mienne. Elle m'explique quelle sorte de copine je dois chercher, et que je dois faire attention a son age, d'ou elle vient, etc. Je garde tout cela bien en memoire.


I have not written much in a week, but it is just that days are going fast, and I have a pretty regular schedule with my waking up by sunlight, my hours of work with the Tibetan scholars. I have added some habits too. The morning, I found a restaurant opened at 6 where I can get my milk tea. It is run by Tibetans from Amdo (the east), with their thick and harsh accent, and they are now used to see me arrive among the firsts, asking for cha. I speak with the father, who watches some bad Chinese soap-shows on TV dubbed in Tibetan. The other day, they all sat at my table to share some Indian roti with jam and tea. It was a funny scene. It looked like I was a distant cousin, passing through the city for one morning and we got breakfast together, especially because in Tibetan, like in other Asian languages, you call people with family terms (the father, I call him pala, namely dad). Well, it looked like that if you take away the accent and the skin color. But these things are forgotten easily in this place.

They also made it possible for me to find a literature teacher. I have been trying to find one for some weeks now, so that I can read modern Tibetan literature and poetry, with which I am not enough familiar. Since they were from Amdo and many famous modern writers are from that region, I asked them if they knew anybody who would accept to read some modern Tibetan literature with me. In the very traditional direct Tibetan fashion, the father (the boss of the resturant) told me: "Come back at 5". Of course, at 5 the guy was not there, and I had to come back the day after at 5, and surprisingly the guy was there! I was expecting to meet a poet or a guy in jeans reading modern Tibetan novels on his couch while somking cigarettes, but unexpectedly came a rather plump monk. He is himself from Amdo, which makes it easier for reading this kind of literature since it contains few dialectical forms or vocabulary, and has a taste for poetry. So as I was suggesting the short-stories I wanted to read, he added, to my loftiest pleasure, names of poets and poems that we could read together, and among them the Tibetan Ramayana, written in the XVth century by Zhang zhung choewang dragpa, obviously a common reference to all the readers of this blog!

I also found a woman to cook my lunches. I met her through an Austrian guy I met here (yes, again, Kathmandu is like a constant social gathering with people who know people who know other people you need to meet). She is a good friend of him and she cooked for us. It was so good - some home-made sort of Nepali set, with roti and rice, dal, vegetables saute on spices - that I asked her if she would cook like that for me everyday. We come up on a price, and everyday it's ready when I arrive, always slightly different but the basics are the same. Then she talks to me in the little English she knows about her life which has not been easy, and mine, which she likes to warn me about, especially the kind of girldfriends I should choose. I am keeping all these advice in my memory.


La grande nouvelle, c'est qu'elle m'a fait un thé indien, un masala chai. Je préfère la façon dont les Népalais le préparent, car le chiya est moins épicé et moins sucré. J'ai donc regardé comment elle le fait, acheté les ingrédients, et voilà le résultat ce matin:


But the great news is that she made me a masala chai. It was very good, not too spicy, not too sugary, perfect. So I looked how she made it, I bought ingredient yesterday, and here is the result.


Masala chiya, tartine de confiture a la mangue et a l'orange, déjeuner sur la terrasse, littérature et philosophie. Que puis-je commander d'autre?



Masala chiya, jam on bread, breakfast on the terrace, literature and philosophy. Should I order more?