Tuesday, August 31, 2010

Heureux qui comme Ulysse....

This is the last post to say that I arrived safely. Everything went well and I arrived on time in Chicago, where Wes was nicely waiting for me. I was able to carry all my luggage with me without surcharge, I manage to get my 2 pieces of luggage to 23 kgs exactly. The gods must have been with me!

So I am going to miss many things from these places I have been for 3 months: from Kathmandu, the early morning shout of the potato seller (“alu alu”), the warm greetings from the different shopkeepers and waiters all around (especially the tailor, who was always smiling because he knew he was late on my order – “5 days, yes! Panch din!” and it took him 17 days on the last order), the morning walk to IBA before 1.30 hour of philosophical talk in Tibetan, the lazy life of the one who doesn’t have to either cook, do laundry, clean his room, because everything is done for him, obviously the Tibetan bookshops and their owners who all knew me and with whom I sometimes had long conversations (one of them told me he saw the yeti – yes, the mi god as they say in Tintin in Tibet), the morning masala chai on the terrace, and of course the reassuring and peaceful sight of the stupa. Fortunately for some reason, his eyes can gaze at you from afar. From Pune, the numerous chai with Tashi and the rides on his motorcycle. From Delhi the supplications of the auto-riskshas (the small cabs) to be chosen for a ride, the wandering around with no purpose.

Other things I will definitely do without – the spitting in the streets with its specific terrible sound, I still have not been able to cope with, and when it happens to be women it just reaches the climax of everything that is loathsome (imagine my cook, Maili, as she just finished serving me food, stepping outside to spit a nice big one – yes, exactly), the barking of the dogs at night in Kathmandu that start all at the same time to frighten some imaginary ghosts, the shortcomings of water (it has really getting on my nerves in the last weeks of Kathmandu), and of course the absence of decent wine.

Other things I am keeping with me, for a more or less long time. Masala tea, it is definitely for life. I’ll have to lose the Nepalese-Indian English accent that I have adopted slightly here to be understood sometimes and get back to my old American-British-French accent. I’ll also have to lose the swinging of the head to say – well, to say everything here: yes, ok, it’s fine, bye-bye, thank you, do you have toothpaste? (Ok, I exaggerate, but not that much). Apparently, it has become really natural and I use it fairly often. But more than all that, I will keep in mind the smiles and the warmth of these strange and tensed places, all of which will draw me back to them.

It has not been so much of a vacation here. Sometimes it has been hard to keep focused on the research, but what a great experience and countless good moments, and hopefully much advancement which will bring fruits in the future! I have not written a whole chapter as I wanted, but I still accumulated a total of more than 100 written pages. So that's not so bad. A new phase for my work is starting now, I need to gather the information collected, and pursue the penetration of the text with the new tools I acquired.

No more posts to suffer from me. I hope they have brought you a glimpse of the wonder and the frustration that were my companions during these almost 3 months! Emaho! (Oh Wonder! In Tibetan)



Voici le dernier message pour vous dire que je suis bien arrive, que tout s’est bien passé, que j’ai réussi à caser mes kilos de bouquins tout juste dans mes valises. C’est sûr, les dieux étaient avec moi. Maintenant je me dois d’honorer leur aide en lisant tous ces ouvrages !

Bien des choses vont donc me manquer de ces endroits que j’ai fréquentés pendant ces quelques mois. De Kathmandu, le cri matinal du vendeur de patates (alu, alu !), les sourires et signes des nombreux marchands, en particulier du tailleur (car il savait bien qu’il était toujours en retard sur ses commandes – « 5 jours ! PAnch din ! » me disait-il toujours, et au final ça a pris 3 semaines), les petits déjeuners sur la terrasse de chai préparé avec le lait acheté le matin même, la promenade matinale pour se rendre à l’IBA avant d’endurer et d’apprécier 1h30 de discussion philosophique en tibétain, les libraires tibétains qui avaient fini par tous me connaître et avec qui j’avais parfois de longues conversations (notamment Ngawang, qui m’a révélé avoir vu le yeti), la vie paresseuse de celui qui n’avait à faire ni sa cuisine, ni son linge, ni son ménage, rien que lire et discuter, et bien évidemment le regard non seulement paisible mais encore apaisant du stupa. Par chance, son regard porte loin, et même à Chicago je crois que l’on peut en saisir la chaleur. De Pune, je regretterai les nombreux chai avec Tashi et les promenades en moto. De Delhi les lamentations et supplications des taxis et rikshas pour que je prenne leur véhicule.

Mais il y a aussi des choses dont je me passerai avec plaisir : les crachats incessants des gens dans la rue avec leur son si particulièrement repoussant (et quand il s’agit de femmes, cela devient juste le paroxysme de l’horreur – imaginez ma cuisinière Maili venant de me servir et mettant un pied dehors pour en lancer un), les chiens aboyant la nuit sans raison et s’y mettant tous en même temps, les coupures d’eau, et bien évidemment l’absence de vin.

D’autres choses encore vont rester avec moi : le masala chiya d’abord c’est maintenant pour la vie, l’accent indo-anglais que j’ai adopté pour me faire comprendre plus facilement devra bien vite s’effacer pour que je retrouve mon bizarre accent americano-anglo-français, le dodelinement de la tête qui en Inde peut signifier n’importe quoi, de oui à peut-être en passant par pourquoi pas et vous avez du dentifrice ? (d’accord j’exagère un peu, mais pas tant que ça). Apparemment j’ai vraiment intégré cette mimique (de même que la nonchalante démarche des gens qui ont chaud). Mais plus que tout, je garderai le désir de revenir en conservant dans ma mémoire les sourires et rires que j’ai échangés ici avec tant de gens, amis ou inconnus.

Ces trois mois n’ont guère été des vacances, mais ce n’est pas pour ça que je venais. Par moments, il a même été difficile de rester concentré, mais quelle période intense et qui, je l’espère portera de nombreux fruits ! Je n'ai pas ecrit un chapitre entier de ma these comme je voulais, mais j'ai tout de meme ecrit un peu plus de 100 pages durant ces trois mois. Des projets de traduction se sont ouverts : certains très concrets et qui vont commencer dès mon retour, d’autres plus lointain (comme la traduction de quelques dialogues de Platon en tibétain avec Tashi). Une nouvelle période pour mon travail s’ouvre où j’espère être capable d’utiliser les outils acquis à Kathmandu et poursuivre le lent travail de pénétration du texte de l’Abhisamayālaṃkāra.

Voilà, plus de messages désormais, vous êtes libres ! J’espère que ces quelques lignes et photos vous auront été profitables et qu’ils vous auront donné un aperçu de la merveille qu’était l’Inde (pour user du titre de l’ouvrage célèbre de Basham) et peut-être vous donner le désir d’y aller aussi ! Bises !

Sunday, August 29, 2010

Bye bye India

Ca y est, c’est donc déjà fini. Mes trois mois en Asie du Sud s’achèvent, et comme la dernière fois, je renâcle à partir. Bien sûr, je suis fatigué, et je ne serai pas mécontent de déguster un verre de vin ou de bourbon (ou plus qu’un verre d’ailleurs) à Chicago, avec une pissaladière que je vais m’empresser de faire, mais tout de même : l’Inde est trop vaste, trop profonde, trop intense pour être capable d’en finir avec elle. Je sais que je serai de retour bientôt, peut-être l’année prochaine, peut-être dans deux ans. Il y a trop à faire ici et trop à goûter.

Mes derniers jours à Delhi furent agréables. Hier, j’ai finalement réussi à dégoter un concert de musique indienne dans le sud de Dehli, juste à côté de l’Alliance française incidemment. Shubha Mudgal nous a régalé d’un récital venant du merveilleux poète Kabir, ce saint dont se réclament à la fois les Musulmans et les Hindous, personnification même de cette Inde aux visages multiples qui se regardent les uns les autres, même si récemment ils ont aussi eu tendance à se méfier les uns des autres. Aujourd’hui, j’ai essayé en vain de voir le Karmapa, un des hiérarques importants du Bouddhisme tibétain, mais je n’ai pas perdu ma journée car j’ai passé 2h à bavarder philosophie, et en particulier sur mon sujet de thèse, avec un des docteurs tibétains du lieu, qui m’a chaleureusement encouragé à poursuivre cette recherche délaissée par les savants occidentaux. Puis je me suis rendu au Qutub Minar, un merveilleux site architectural du XIIIe-XIVe siècle, fruit des premières constructions musulmanes en terre indienne. Je n’avais pas mon appareil photo et j’ai bien regretté de ne pas pouvoir saisir ces moments magiques de lumière et de chaleur miroitant sur la pierre rosée des vestiges du minaret et de la mosquée. Mais bon, avce tous les enseignements reçus, je devrais quand même commencer à me dire que saisir n’est pas possible...

J’aime vraiment Delhi étrangement. C’est étrange car peu de personnes aiment cette ville, si sale, si agitée, si confuse et qui rend si confus. Mais cette fois-ci, j’étais quasiment seul et ai expérimenté davantage la vie à Delhi, en prenant le metro et les bus (et non les taxis et auto-rikshas comme la dernière fois), demandant simplement mon chemin aux gens qui étaient là (et qui généralement me donnaient des réponses différentes, donc je finissais par sauter dnas le bus et demander si il allait là où je voulais aller – les habitants de Delhi connaissent assez mal leur ville en fait !). Mais j’ai à peine pu goûter à cette vie de Delhi, et j’aimerais un jour y habiter pour plus longtemps, et connaître les endroits où se poser, les cafés et restaus où l’on peut vraiment bien manger. La ville est tellement grande, cela prend du temps. Une chose est sûre au moins : la fois prochaine, je parlerai hindi.

Je pars donc demain dans la nuit et arriverai à Chicago le 31 août à 10 :50 du matin. Je vous envoie mes dernières bises chaudes de la « Pure terre des Nobles » comme on le lit dans les textes!



So that's it, again I have to say bye and again I kind of don't want to go. I am tired of course, and I'll be happy to sip a cocktail (or 2, or3) in Chicago, but there is still a part of me that would like to stay. India is too big, too diverse, too intense to digest it all. I feel that I barely tasted the mood of Delhi, Delhi the agitated, Delhi that never sleeps. Today was half a failure because I wanted to send books through the post, and of course it was closed since it is Sunday... then I went really down south to meet the Karmapa, a very important Tibetan Lama, chief of one of the schools of Tibetan Buddhism, but he was not receiving anybody today. However, my day was not at all a failure, because I got to meet the Khenpo of the place with whom I spoke for 2 hours about philosophy, and especially my dissertation topic, and he gave me interesting insights. Then I went to the Qutab Minar, a wonderful piece of Muslim architecture from the XIII-XIVth century, with the highest stone monument in India. It is a magical place, especially on a very hot afternoon such as the one we just had. Too bad I did not have my camera because I would have made beautiful photos!

Yesterday I also finally got my classical Indian music concert. I came upon a concert given in the south of Delhi (an area much nicer that the north, much more bourgeois, and strangely, or not, more in tune with my taste - yes, I want a Victorian house in the south of Delhi when I am a big man, where I can have masala tea in the garden while reading Sanskrit poetry, and then give fabulous parties). Shubha Mudgal was singing Kabir with her strong voice, and it was such a pleasure to finally have a piece of cake for the ears (after actually having an apple crumble at a coffee shop).

I do strangely like Delhi, even though it is hot, even though it is crowded, even though it is always in turmoil, and full of opportunities to slip. But this time I was mainly alone and I just manage to take the metro, the bus, just by asking and being kindly helped by people around (who generally did not know much about their own city strangely... when I asked 10 people about the bus I needed to take to go somewhere, I generally received 5 different answers!). It was nice to live more closely to the people here, and to be actually respected for that. It would be a nice experience to live more here and get to know the good places, the good bars or coffee shops, the good places to hang out. But I had no time for that this time. Maybe next time. But there is one thing I am sure about: next time I come, I will speak Hindi, even a little.

So tomorrow is the day I leave for good. I will arrive on the 31st at 10:50 in Chicago. I send to you all my warm wishes from the "Pure Land of the Nobles", as they say in Buddhist texts, and say see you soon to those I am going to meet in the next few days!

Friday, August 27, 2010

Enfin - Finally

Je suis donc bien arrive a Delhi ce matin, avec a peine 30 mn de retard. Le voyage d'une journee s'est bien passe, sauf que j'ai failli ne pas partir puisque le numero du train ne correspondait pas a mon ticket... Heureusement qu'un ami de Tashi qui avait accepte de se lever a 2h du matin pour venir avec nous etait persuade que c'etait le bon train et a trouve mon wagon. Puis dans mon compartiment, j'ai eu la chance de tomber sur un moine tibetain qui se rendait a Delhi, dans le quartier de refugies de Majnu Katila, comme moi, donc il m'a aide tout le long a porter mes valises. Quelle chance j'ai eu! Dans le train, nous avons abondamment parle tibetain et philosophie, a cote une famille punjabi chantait des chansons de leur region, les garcons passaient sans cesse pour vendre chai et nourriture.. quelle musique pour les oreilles et le coeur que fut ce voyage!

L'Inde est finallement faite de confiance: c'est ce qui a la fois emerveille ici et rend si vulnerable. Le pays est si vaste, si complexe, les langues si diverses que meme si l'on parle anglais et hindi on peut avoir des problemes de communication, les choses ne sont jamais fixees (les prix notamment, qu'il faut constamment marchander), bref on ne peut s'en sortir qu'en faisant confiance aux gens que l'on rencontre. J'ai passe ma journee a marcher aujourd'hui, d'abord dans le musee national puis juste comme ca, dans la vieille Delhi, a l'ombre de la plus grande mosquee du sous continent, Janma Masjid, et ja'i du constamment demande ma route aux inconnus qui me renseignaient generalement avec moultes commentaires et bons voeux. Apres evidemment, on peut devenir la proie des predateurs. Mais c'est un sentiment profondemment intense que de se voir aide par des gens aux vies, languages et croyances si differentes (ici c'est quand meme moi le different, et je le ressens par les regards constants que me lancent les Indiens - c'est vrai que les blancs sont peu nombreux en cette saison a Delhi, et surtout dans la vieille et "populeuse" Delhi).

Encore 3 jours puis retour a Chicago. Je vais en profiter ici pour visiter et juste passer du bon temps (faut quand meme que j'envoie encore 5 kg de bouquins, car mes valises pesent respectivement 35 et 24 kg...).


I'm in! I arrived safely, and the journey was quite good actually, except that I almost missed my train since the number of the train did not correspond to the number of the train on the ticket. But a friend of Tashi who accepted to get up at 2am to come with us to help with the luggage was convinced it was the right train and he found my coach. Then, on the train, I was so lucky that I found a Tibetan monk in the same coach. So he helped me with my suitcases and all, since we were both going to Majnu-Katila, the Tibetan area in the North of Delhi. What a luck I had! In the train, we spoke a lot Tibetan, discussing philosophy, a family next to us was singing Punjabi songs from their region, the boys were coming and going with chai and food... what a celestial music for the ears and the heart that was!

WHat I realized today is that basically India, especially for a foreigner, is made up of trust: you cannot survive here without putting some trust in the people around you. The country is so vast, the languages spoken so diverse (even with English - actually few people really speak it - and Hindi you may end up having problems), nothing is certain (especially not the prices which you always need to haggle), distances are tricky, in brief, you have to trust the people that can bring you where you want or bring you something you want. This is both the magical and terrifying side of India: you can receive some warm help as well as being fooled all the time. Today I walked a lot around, first to the National Museum and then all the way to Conaught Place, and almost to Old Delhi. I took the metro to go walk around Janma Masjid, the biggest mosk of South Asia, being gazed at constantly by the people who live there (it is not a touristic area). I have asked my way maybe 50 times today, and I was always answered in the most polite, sometimes prolific way. This is again a good day for remembering what human contact means.

3 days here, and then back to Chicago. I will just visit and enjoy my time, apart from sending 5 kgs of books...

Wednesday, August 25, 2010

Dernier jour a Pune - Last day in Pune

J’ai donc fait l’expérience de la vie étudiante indienne à l’université de Pune : saleté, pas d’eau pendant 1 jour, odeurs nauséabondes, repas pas chers et très épicés (que j’arrivais à manger mais pas mon copain du Ladakh, comme quoi j’ai du m’habituer). En gros intéressant, avec des rencontres de gens que je ne rencontrerais nulle part ailleurs, comme des moines bouddhistes du Maharashtra organisant une association d’abhidhamma international un prof de Pali aveugle, etc.

Nous avons donc visité les grottes d’Ellora, mais j’ai manqué Ajanta, qui était vraiment ce que je voulais voir, à cause de la fermeture du site le lundi. Nous avons quand même essayé d’y aller le mardi en prenant des tickets de train en classe « Générale », c’est-à-dire une classe où il n’y a pas de siège assignés. Le train était surpeuplé, les gens en colère, les odeurs diverses, la chaleur, pas de siège. À l’idée de me tenir debout ainsi pendant 8h (enfin, 8h c’est ce qu’on nous avait dit… peut-être que ça aurait été 7h, ou peut-être 9, 10 ou 15h !), mon courage s’est écroulé et j’ai touché un mur en disant à Tashi que non vraiment, je ne pouvais pas, ou alors c’était la mort assurée. Bref, nous sommes rentrés et j’ai passé 2 jours à boire du chai et parler philosophie avec un moine ladakhi, enfin des vacances. Je suis triste de ne pas avoir vu Ajanta, mais content de m’être rendu compte de ma limite. Ça me servira pour plus tard.

Ce soir à 4h du matin, je dois prendre un train pour Delhi (je dois car mon ticket n’a pas été encore confirmé – la réservation sur les trains indiens est tres complexe) et y arriver 25h après. Ce sera ma dernière étape, et je dois avouer que je serai content de retrouver Chicago : un peu de propreté, et un peu de luxe… et par luxe j’entends du vin !


So I experimented the student life in Pune: dirty places, smells all around, no water for a day, cheap and spicy food (that I could eat but not my Ladakhi friend - I must have become accustomed now!). I met interesting people, like Buddhist monks from Maharashtra organizing a society of "International Abhidhamma" (of which I am now a member!), a blind professor of Pali, etc.

We visited the wonderful caves of Ellora, but missed Ajanta, which was what I was really looking for, because it was closed on Monday. We got train tickets the next day to get there at night, but these tickets were "General", that means no AC, no seats, basically nothing. The train was over-crowed, people were tensed and angry, the smells were strong, and there was no space to sit. So the idea of traveling like that a whole night, for 8 hours (that's what we were told, but that could have been 7, or 9 or 10, or 15), was just too much. I hit a wall right there and I said to Tashi that really I couldn't do that: "I am going to die!" So that ws my moment of realization of my limit. I am unhappy to have missed Ajanta (that means I need to come back), but I am intrigued I found my limit. Too tired physically and mentally, I have spent rather 2 days here, drinking chai, talking philosophy with a Tibetan monk, riding a motorcycle to go to movies and museums. That was my vacation.

Tonight I should take the train at 4 am for Delhi (should because I still don't have a seat, that I should get in the next few hours - booking seats in Indian trains is quite complicated), and arrive in Delhi 25 hours after. That will be my last stop before Chicago, and I must admit that I am happy to come back. I feel tired, and I do need some cleanliness and luxury... and by luxury mean wine.

Saturday, August 21, 2010

In Pune!

So I got to Lumbini ok. As always here, nothing happens as planned. I arrived at 8, instead of 4-5, after many stops, a dramatic moment when the bus was trying to go in between a truck and a bus which had had an accident together, rumors of a general strike which would have make me walk some kilometers until reaching Lumbini under the rain, rumors that proved to be false, etc. One point though that is for sure: I will never again travel with 30 kgs of books. NEVER. Especially in this warm and damp weather. I totally destroyed the suitcase I bought since the weight is too much for it: it was like a funny movie because each step of the trip I was loosing one more element.

After Lumbini, the rest of the trip until Pune was not all fun. At least I will remember it. Gorakhpur, as the last time, was scary and dirty (I was given the option of ordering some girls - and yes, I said no, just because I am a very moral person). The train ride of 30 hours was actually not so bad - food all the time, listening to some music, reading, it actually went faster than what I expected. But then the people on the train that said would help me for going to Pune disappeared or even left me arguing with the cab drivers once the argument they started lasted, and I ended up paying huge amount of money to the cab driver who, in addition, rob me of 800 rupees by making me believe that I gave him 100 rupees when I gave an actual 500 rupees note (he has some prospect in the magic business I think). I finally arrived in Pune, of course, after more adventures with the taxi-riksha, of which the last one paid for all of them when I shouted at him that was all the money he would get for me. This is the sad part of India, this feeling that I have that I am just a "money pomp" as we say in French, just someone with money ready to get milked. I did not have such a strong feeling in Nepal.

But now everything is better thanks to the warm welcome of my friend Tashi. He said he would book me a room, but since the hotels and guest rooms are too expensive, he thought I could stay with him. So I am experiencing the student life in Pune University, with its small rooms, its dirty bathrooms, and its cheap meals. This is actually a nice experience - the best being the rides on the motorcycle all around campus and in the city. A French guy, behind a monk from Ladakh on a great bike, you can imagine the scene.

TOmorrow morning we already leave for Aurangabad to get to the Ajanta and Ellora caves, and we will stay there 2 days. THat should really prove wonderful - at least I'll have no luggage.


Je suis donc arrivé à Lumbini presque sans aucun problème. Je passe les nombreux stops, l’accident de bus et de camion qui bloquait la route, les ordres et contre-ordres de grève générale qui tenaient les passagers dans la peur de terminer leur voyage à pied (et sous la pluie, tant qu’à faire). Bref, au lieu de 4-5h, je suis arrivé à 8h, ce qui n’est pas trop mal. Grâce aux coups de fil de Khenpo Jorden, le responsable ici m’a emmené sur son scooter (qu’est-ce que j’aurais fait du scooter au Népal !) me faire visiter les alentours, et notamment le lieu même où selon la tradition le Bouddha serait né.

En tous les cas, je sais que jamais plus je ne voyagerais avec 30 kgs de bouquins, et surtout dans l’air chaud et moite de l’Inde. J’ai déjà totalement detruit ma valise, elle n’a pas supporté le poids. Bref, je me suis bien marré pendant les 3 jours de voyage. Au moins ça me fera des souvenirs.

Gorakhpur s’est révélé aussi effrayant et sale que la première fois (on m’a même proposé des filles – et non, je n’ai pas accepté), puis le reste fut stressant car je me demandais toujours comment on allait me rouler davantage dans la farine. Il faut faire attention à tout. Par exemple, a Mumbai, le taxi a réussi à me faire croire que je lui avais donné 2 billets de 200 rupies, alors que je lui avais donné 2 billets de 500. Il a gagné 800 rupies ce jour-là, et je pense qu’il devrait se lancer dans la magie.

Après des aventures supplémentaires de Riksha et taxi, je suis arrivé enfin à Pune, et tout va mieux grâce au sourire réconfortant de mon ami Tashi. Comme les hôtels et guest des alentours étaient trop chers, il ne m’a pas réservé de chambre et a pensé me loger. J’expérimente donc la vie étudiante indienne, et c’est assez rustique, avec ses petites chambres, ses toilettes sales, ses cantines. Demain matin tôt, nous partons pour Aurangabad pour gagner les grottes d’Ajanta et d’Ellora. Cela devrait être vraiment pas mal. On y reste 2 jours.

Monday, August 16, 2010

C'est parti - Let's go


Vaut mieux pour moi l’avoir de mon côté pour les prochains jours.

Better to have him on my side for the next few days.

C’est bon, c’est fini. Dans quelques heures je quitte Kathmandu pour gagner Lumbini, dans le sud du Népal, le lieu où selon la tradition le Buddha est né comme Gautama Siddhartha. Si tout se passe bien, je devrai y arriver demain matin vers 4-5h, après une nuit dans le bus. J’y resterai 1 jour puis le 19 au matin je pars pour Gorakhpur en Inde où je dois prendre mon train de 30h qui me mènera jusqu’à Mumbai où j’arrive le 21 au matin. De là je dois encore prendre un train pour Puna (4 heures). Je resterai à Puna 4 jours, d’où j’irai voir le grottes d’Ajanta et d’Ellora avec mon ami du Ladakh, Tashi. Puis le 26 je prends à nouveau le train (25h) pour gagner Delhi, où je reste 4 jours avant de m’envoler pour Chicago le 31.

Les quatre prochains jours vont être les plus éprouvants entre les nombreux changements de transport, la longueur des trajets, et surtout mes deux valises d’un poids certain à porter dans la chaleur et l’humidité indiennes.



That's it, I am done with Kathmandu - and I mean this in different ways. In few hours I will take the night bus for Lumbini, in the south of Nepal, where I should arrive tomorrow morning around 4-5 am, if there is no problem during the night (I་ག met a guy who took 18 hours to do this, because of multiple obstacles on the road). I will stay on the 18th in Lumbini, then will leave on the morning of the 19th for India, because I need to take a train for Gorakhpur at 9:30 pm on the 19th. It will take me 30 hours to arrive to Mumbai on the 21st where I still need to take another train for Puna, which is my final destination. I will stay in Puna 4 days, and then take another train on the 26th for Delhi, where I will stay till the 31st before taking my plane for Chicago.

Definitely the next 4 days will be the most challenging days, and I hope I will manage my heavy luggage well. Even if I sent already 33 kgs of books, I still have another 23 here, and I don't know how much kgs of little things, clothes, etc. So carrying that in the heat and humidity of India will be fun.

Ces derniers jours ont été un peu mouvementés entre les diners d’adieux, les diverses petites affaires à régler, mais quel bain de chaleur humaine ! J’étais quand même triste de quitter mes profs tibétains, et même certains marchands étaient un peu émus de me voir partir – mon tailleur m’a fait promettre de lui envoyer une photo de moi depuis Chicago, et il te passe le bonjour Maman, puisque maintenant il paraît que nous sommes frères ! Certains étaient même gênés de ne pas avoir su à temps que je partais pour pouvoir m’offrir un petit quelque chose – mais tant mieux, mes valises sont déjà trop pleines ! Bref, on devient vite une part du quartier ici, et c’est une des nombreuses choses à apprendre dans un coin comme celui-là. Une des nombreuses choses qui font que l'on prend gout a y revenir.

These last days have been a little hectic with all the good-byes and last dinners and so on, but on the whole really loaded with human warmth. I have to say that I was quite moved to leave IBA and the Tibetan scholars who have been so generous, and so it was also - to a lesser extent still - with the different shop-keepers around, some were sad I did not tell them in advance so that they could give me a present - but my suitcase is too full already! One might become quickly a part of the neighborhood here.

Mon propriétaire, Ram, voulait absolument boire “un” coup avec moi avant mon depart, pour me convaincre que le whisky népalais n’est pas si mauvais que ça. Je ne suis toujours pas convaincu, malgré la bonne dose qu’il m’a fait boire ce soir-là, mais ce fut quand même une belle soirée où il a raconté un peu sa vie peu banale. Il m’a même promis qu'il fournirait une chambre et un repas par jour à quiconque de ma famille qui viendrait entre 15 jours et un mois ici. Avis aux amateurs! Je crois qu’il est maintenant temps de vous montrer le visage de ce généreux ami-proprio buveur de whisky :


Ram, my landlord, absolutely wanted to drink Whisky with me before I left to convince me that Nepali whisky was good. Well, I am still not convinced, in spite of the load I drank that night... But it was a fun night where he shared many stories. He even promised to give to a member of my family a place to stay and 1 meal a day if he or she came to Nepal between 15 days to 1 month. I think showing you at last the face of the generous landlord-friend is a good idea (taken during our drinking night):


So this morning, I had my final tour of the important monasteries, the final banana pancake/masala chai breakfast in front of the stupa, the final kora, turns around the stupa. I am a little sad of going of course, but I have accomplished much here, and some new projects (like some projects of translations) have emerged that will make me come back soon enough. I am also happy to go, loaded with all the things I stored. It is comforting to feel that it is not just a going back, but actually a going forward.

Donc ce matin, j’ai fait mon dernier tour des monastères importants, dégusté mon dernier petit-déjeuner au masala chiya avec crèpes à la banane devant le stupa, mes dernières tours de stupa. Je suis un peu triste de partir, évidemment, mais je suis heureux des nombreuses choses accomplies ici, et de nouveaux projets (de traductions notamment) sont apparus. Je reviendrai donc rapidement. Puis je pars chargé de tout ce que j’ai appris (et acheté), c’est donc loin d’un retour en arrière.


And I finally went to the monastery of Beru Khyenste Rinpoche, the Lama who gave me refuge 7 years ago. We have never met again since then, and he was in Tibet for months. He just came back. If that is not a sign, I don't know what it is... Here he is:

Enfin, pour les fans… (dédicace spéciale Geneu): je suis allé au monastère de Beru Khyentsé Rinpoche ce matin, le Rinpoche qui m’a donné les vœux de refuge il y a 7 ans de cela. Nous ne nous sommes jamais recroisés depuis, et il était parti au Tibet pour plusieurs mois. La chance m’a souri puisqu’il est tout juste rentré. Alors le voilà, dans sa chambre de Kathmandu :



Je ne pourrai sans doute pas vous écrire dans les prochains jours, peut-être pas avant le 21. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai les bénédictions de Beru Khyentse pour mon voyage. On ne peut pas se louper avec ça.

Les dernières bises népalaises à vous tous!



I will probably not have the opportunity to write before the 21st, so no worries - I have Beru Khyentse's blessings for a safe travel, so that's insurance right there.

My last Nepalese bises to you'all (some Southern touch is appropriate now).

Saturday, August 14, 2010

Momo party


D’autres adieux aujourd’hui, en particulier celui à mes 35 kg de bouqins qui vont finalement être envoyés. Une bonne chose de faite.

More goodbyes today, first to my books, at last, a shipment of 35 kgs is ready to be sent now, and I don't want to hear anymore about the details...

Puis au revoir à mon prof de littérature-poésie tibétaine, Drakpa, qui, comme les autres profs tibétains m’a patiemment enseigné sa matière, en répétant plusieurs fois s’il le fallait de son accent rocailleux de l’Amdo les explications que ma petite cervelle n’arrivait pas à comprendre. Quelle chance d’avoir rencontré de telles personnes qui étaient vraiment désireuses de me transmettre leur savoir et leur tradition. On aimerait avoir davantage de ces profs chez nous aussi. Mais encore plus que cela, Drakpa considère que nous sommes des amis, et donc il a voulu absolument cuisiner des momos pour moi, ces sortes de raviolis tibétains (que vous pouvez admirer ci-dessous). Ils étaient très bons, et ce fut un plaisir de parler tranquillement tibétain avec lui et sa sœur (une nonne) autour d’un repas. Il a insisté pour venir me dire au revoir au taxi mardi, donc je le reverrai encore une fois. C’est des moments comme ca qui font oublier les coupures d’eau, les marchandages infinis, la poussière et l’agitation, et rendent ce voyage infiniment profitable et heureux.

Then good-bye to my literature-poetry teacher, Drakpa, who like the other Tibetan teachers taught me so patiently and diligently, repeating several times with his scraping Eastern accent if necessary. He wanted to make momos for me today, so I came for breakfast and we had rotis with "Yag butter" from Lhasa (!!!), we read a little the Story of the Ramayana, which represents a climax of scholarly poetry in Tibet, and for lunch he made those momos that you can admire below, these sort of "Tibetan raviolis". Everything was quite tasty, and it was nice to just chat Tibetan casually with him and his sister (who is a nun). Like the other teachers, he refused the donation I wanted to give him, because what is important for them is to transmit their knowledge and their tradition. I have complete faith that it was a sincere gesture from their parts, and it is very moving to observe something like that from people who don't have much and for whom knowledge still means something by itself, not as a means to acquire a name on a bookshelf or a position in some student factory... He insisted that he will come to send me off on Tuesday at the cab. This is moments like that that make this whole trip worth thousand summers in Chicago.






Trinquer au thé.

Tea shots.


J’ai dit au revoir à mon tailleur aussi, qui revient sans cesse à la charge pour me demander de l’aider à le faire venir aux Etats-Unis ou en France. Il veut que je dise qu’il est mon frère – j’ai essayé de lui dire que je ne suis pas sur que cela passe…

I also said bye to my tailor, who insists of asking me to help him to come to America or France. He wants me to tell the authorities he is my brother - I told him we can try, but I doubt it would work.



Friday, August 13, 2010

C'est les vacances - Closing deals



Il pleut tous les jours ici, et certains murs ne le supportent pas très bien. Celui-ci s’est effondré dans la rue principale, et il va certainement falloir un ou deux ans pour le réparer… je sais, je suis mauvaise langue.

It rains everyday here, and sometimes quite heavily, so some walls don't hold on very well. Now, the reparation for this will probably take a year - or two.

C’était aujourd‘hui mon dernier cours et j’étais un peu triste ce matin. Comme j’ai parlé de mes profs constamment, je vous les montre enfin. Je reste plein de reconnaissance pour eux, j’ai vraiment fait beaucoup de progrès en deux mois, et ils ont réussi à rester calmes et tout aussi désireux de m’enseigner pendant tout ce temps, malgré mes incompréhensions répétées du tibétain ou des textes ! Voilà des profs comme on en voudrait partout. Comme je les ai mentionnés plusieurs fois sur ce blog, je vous présente enfin leur visage :

Today was my last class, so there was some sadness in the air... I had my hour with Khenpo Kunga, and then had another hour or so with Khenpo Jorden, my old professor from the University of Chicago. I feel so grateful towards them, they have constantly tried to explain to my little brain what I had difficulties with, repeating sometimes 5 times because my Tibetan was too poor. "Bless them!" as a Southern black woman would say... I have been referring to them constantly, and here they are:

Moment du thé, avant que les moines n’aillent rejoindre leur classe ou vaquer à leurs occupations.

Tea time, the monks chat before their respective classes and duties.

Mon ancien prof à Chicago, aujourd’hui directeur de l’IBA, Khenpo Jorden, dans sa chambre.

Khenpo Jorden, my old professor, in his room.

Mes deux profs : Khenpo Kunga Choekou (de l'est du Tibet, a l'accent a peine comprehensible) et Lopon Khyenrab Osel.

My two teachers: Khenpo (Upadhyaya) Kunga Chosku (with his barely understandable accent from the East) and Lopon (Acharya) Khyenrab Osel.



J’ai aussi dit au revoir au marchand d’épices… il va me manquer ! Heureusement que j’en ramène dans mes valises.

I also said bye to the spice-shop... I am going to miss it! (but I bring back some...)


Sinon, j’ai un peu l’impression d’être un homme d’affaires ces derniers temps avec toutes les petites affaires que je dois conclure. Evidemment, entre toutes, celle qui me prend le plus aux tripes c’est l’envoi de mes bouquins. Et comme d’habitude au Népal (ou en Inde), ce qui se passe effectivement à la fin n’a rien à voir avec ce qui était annoncé au début. Je croyais donc en avoir pour 200$, et je me retrouve avec près du double. Il y a toujours une chose que le marchand a oublié de préciser, ou une taxe à ajouter. Jusqu’au taux de change dollar-roupie qu’il tente de manipuler, il faut faire attention à tout ! C’est en fait épuisant, et je n’ai plus envie que d’en finir. Peut-être demain, enfin, le « deal » sera conclu.

Otherwise, I feel a little bit like a busy businessman these days, with all the little business I have to finish. The shipping of the books, of course, turned out to be more complicated than it first appeared - but let's face it, that's always the case in Nepal (or India)! So I thought I would pay $200, but now it has almost doubled. They of course always forget to tell you about this, and that, and until the very end, the shopkeeper tries anything, up to changing the rate of the dollar and rupee. You have to watch everything. This is so tiring! At least the deal is almost (but almost only) closed.

Wednesday, August 11, 2010

Les premiers derniers - The first last ones


Ca a donc démarré : les premiers adieux. Je quitte Kathmandu le 17, donc il me reste moins d’une semaine, et mes déjeuners et dîners sont déjà bien remplis avec des rendez-vous pour des « derniers repas ».

Les paysages c’est bien, mais les gens c’est quand même mieux. J’aime faire des photos des gens, mais c’est parfois difficile, surtout parce que je préfère les photos en situation, sans pause. Je vais essayer de vous montrer les gens qui ont peuplé mes journées ici ou que je n’ai vu qu’une fois mais qui m’ont marqué.


So it has started. The last good byes (sounds like the song of Jeff Buckley). This is my last week in Kathmandu since I leave on Tuesday 17th, and many of my lunches and dinners are already reserved for a "last meal" time. Because I always prefer one to one meetings, since this is the only way to really exchange and talk, of course it takes more meals than just one general party.

Landscapes are good, but people are often better, and I would like to show you the faces of the people that I have met here and have made my days. I hope I can make many photos in the next few days that I can post - but it is always delicate to take photos of people.


Maili la cuisinière de mes déjeuners, dans sa cuisine qui est aussi son magasin et sa salle à manger.

Maili, my cook for lunches - in her "kitchen-shop-dining-room".


Les grands-parents d’un de mes petits élèves tibétains de Chicago – admirez le grand-père, pratiquand yogi-laïc, avec ses longs cheveux dans la plus pure tradition nyingmapa. Il était très ému que nous appartenions à la même tradition, et m’a offert le Trésor du précieux Joyaux qui exauce tous les souhaits du merveilleux Longchenpa. Je sais, je m’étais dit que je n’achèterais plus de livres. Mais qui peut refuser Longchenpa ?

The grand-parents of one of my little Tibetan pupil in Chicago - behold the grand-father, a ningmapa practitioner, with his long hair in the pure tradition of the lay-yogi. He was very moved that we actually belong to the same tradition, and so he offered me a copy of the Treasury of the Precious Will-fulfilling Jewel, by the incomparable Longchenpa. I know, I said I would not buy any books, but first I have not bought it, and second, who can refuse Longchenpa?




Tenzin et sa femme, que j’avais connu 6 ans auparavant, chez qui j’ai mangé les meilleurs momos (ravioli tibétains) de Baudha. Je suis allé lui dire au revoir aujourd’hui et il avait invité un Lama tibétain qui connaissait, que dis-je, qui était l’ami de Lama Khenpo Thoupten, mon premier Lama! Tous deux de Nangchen, tous deux Karma-Kagyupa. Nous parlerions de coïncidence, eux parlent de liens karmiques. Ce fut en tous les cas un repas très plaisant à discuter d’histoire bouddhique, tibétaine, grecque et française.

Tenzin and his wife, that I met 6 years ago when I came the first time, and where I ate the best momos (Tibetan ravioli) of all Baudha! I had my last meal with them today, and he invited a Lama to join us who knew my first Lama, Lama Khenpo Thupten, and who was even his friend, coming from the same town in Tibet and all! We talk about coincidences, they talk about karmic links... Anyway, it was a very pleasant meal discussing Buddhist, Tibetan, Greek and French history (and yes, Wesley, he has ... a poodle).



Also, I wanted to show you my daily trip to the International Buddhist Academy, where I read and discuss texts with Tibetan scholars. That will give you an idea of the typical "Kathmandu streets", with the workshops, moving sellers, vegetable shops on the pavement in the midst of dust and car fumes etc.

Je voulais aussi vous montrer mon parcours matinal pour me rendre à l’Académie internationale bouddhique, l’endroit où je lis et discute des textes avec des érudits tibétains. Cela vous donnera une idée des rues typiques de Kathmandu avec ses vendeurs ambulants, ses ateliers, ses marchands de légumes au milieu de la poussière et des gaz d’échappement.







Quelques-uns de mes « connaissances monastiques » de l’IBA, qui généralement prennent le thé quand j’arrive le matin en commérant sur tout ce qu’ils peuvent. Celui qui fait coucou est le plus drôle, celui qu’ils appellent « Obama », parce qu’apparemment pour eux il est plus bronzé que les autres. Ca reste à prouver.

Some of my monk-friends from the IBA. WHen I arrive, they are generally drinking tea and chatting like old women... The one waving his hand is the most facetious, the one they call "Obama" because, apparently, they say he is darker that the others... Honestly?

Thursday, August 5, 2010

News flash

J’avais l’impression que l’électricité se faisait rare en ce moment, mais je m’étais dit que cela n’était peut-être que le produit de mon imagination. Mais non. Je viens d’apprendre que nous allons être privés d’électricité 8 heures chaque jour pour 10 jours, et la raison (tenez-vous bien) c’est que l’une des trois turbines qui fournissent l’électricité à Kathmandu a rouillé. Oui, oui, rouillé. J’ai juste envie de dire « non mais c’est vraiment n’importe quoi », même si Victor et Lorris se paieront bien ma tête en m’imaginant dire cela.


So I felt like we were getting less electricity these days, but then I thought it was maybe my imagination... but no. I was just informed that we are getting a special 10 days of shortage with 8 hours a day without electricity because (listen well) one of the three turbines providing electricity for Kathmandu RUSTED. Yes, it RUSTED. So it's not like there are thousands and thousands of turbines to take care of. No, no. One turbine dies, and the whole valley loses 8 hours of electricity. It's crazy!!!

I told my roommate here: "I can't believe it! These people cannot take care of three turbines?" And he said: "oh! you are at the moment of 'these people'. Sweet."

Panneaux - Signs

Les panneaux sont quand même l’une des choses les plus appréciables du Népal. Certains sont mignons, certains bizarres, et certains sont, comment dire ? eh bien on ne sait pas vraiment s’ils sont ridicules ou intentionnellement drôles.

Here is a little anthology of signs. Some are cute, some are strange, some are.. well, I never know, either witty or ridiculous.




Voici ce qu’on peut voir à l’entrée du grand monastère Gelugpa de Kopan : « Durant votre visite au monastère de Kopan, veuillez éviter de tuer, voler, mentir, avoir une activité sexuelle, consommer des drogues comme le tabac, etc. » Je n’étais pas sûr si l’interdiction s’appliquait à toutes ces choses à la fois ou si l’on pouvait en choisir une ou deux… Bref, ce fut dur de se restreindre pour la demi heure où je suis resté…

I was confused with the precise meaning of this sign at the entrance of the big Kopan monastery: does the restrain apply to all of them as a group or each individually? Can you chose one or two? Well, I was too weak...



En gros ça dit : « Ceux qui déposent leurs détritus ici sont des cochons (ou des chiens) ». Je ne suis pas certain de l’efficacité de la formule par rapport au traditionnel «Veuillez s’il vous plait...», notamment au vu de ce qu’il y avait sur la route devant…

Roughly, it says: "those who put garbage here are pigs (or dogs). I wonder if that works better than "Please..." Judging by what was in front, I am not sure that's much more efficacious.

Pour les Francophones : « La seul et unique production et réparateur des vieilles du Népal » (et oui, ça sonne aussi mal en anglais)


Pour la coupe du monde de football : « Nous allons regarder le foot seulement sur Samsung… et vous ? »

Le dharma bouddhique fait vendre ! Il est dit: Toutes choses ont une cause!", pour un cafe internet (tu n'y bois pas de cafe, mais ca s'appelle quand meme comme ca)

The Buddhist Dharma sells!

Monday, August 2, 2010

Né-de-lui-même - Self-arisen



La raison poiur laquelle il faut se lever

à 5h du matin:

goûter à ces moments magiques.

A reason why you should get up at 5am: to experience these magical moments.

Donc hier, j’en avais marre de mes bouquins, et le stoïcien-bouddhiste que je suis a suivi le mot d’ordre de l’empereur philosophe Marc-Aurèle à lui-même: “abandonne les livres!” Après mon traditionnel chiya et crèpe à la banane du week end, N. et moi sommes partis pour Swayambhu, l’autre grand stupa de Kathamandu, à l’ouest de la ville. Swayambhu signifie né de lui-même : c’est que ce l’état de Bouddha doit être si l’on veut faire de lui un état inconditionné, ne dépendant de rien et étant délivré de toute souffrance (et comprendre comment cet état inconditionné peut être produit par un chemin conditionné a engendré des débats et doutes pendant des siècles parmi les savants bouddhistes – débats passionnants mais sans doute pas pour la plupart des lecteurs de ce blog, d’où mon silence pudique).

Je voulais aller voir Trulshik Rinpoche, un très vieux Lama, l’un des derniers à avoir été éduqué et formé au Tibet, mais mes mérites karmiques ne sont pas suffisants ! Comme je ne savais pas vraiment où était sa maison (on m’avait dit « vas –là-bas et demande », la méthode népalaise qui marche du tonnerre, puisque l’une des maladies indo-népalaise c’est de t’indiquer le chemin pour trouver ce que tu cherches, même si l’on a aucune idée d’où ca se trouve), nous avons marché des heures dans les collines et les champs autour de Swaymabhu et apprécié cette campagne luxuriante et surtout si calme par rapport à Baudha ! (mon quartier) Voici quelques photos :


Yesterday, I was fed up with my books and I took the advice of the great philosopher-Emperor Marcus-Aurelius: "abandon your books!" After a nice chiya and banana pancake, N. and I went to Swayambhu, literally the Self-arisen (Buddhahood must be self-arisen if you want to say that it is a state that is not conditioned by anything and is absolutely liberated, even though the Buddhist Path still aims at producing it... this created for centuries intricate philosophical problems which are fascinating, but probably to a very few readers of this blog). Anyway, this is the second largest stupa of Kathmandu, on the West side.

I wanted to meet Trulshik Rinpoche, a very old Tibetan Lama, one of the last one of the old generation educated and raised in Tibet. I knew he was living in a monastery close to Swayambhu, but I had no idea where it was exactly. Hence we just started to walk around, asking people about possible Tibetan monasteries. Quickly we ended up walking in hills and fields, and it was a great pleasure to be on a mini-treck outside, in nature. Here some photos.



Au sommet de la colline, le stupa de Swayambhu.

On the top of the hill, the stupa of Swayambhu.







Après plusieurs heures de marche, on a finalement trouvé sa maison, mais sans pouvoir y entrer. Il semble être en très mauvaise santé maintenant (il doit avoir 90-95 ans). Il fait construire un nouveau monastère, qui sera sans doute très beau. Il est en construction, mais j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser de voir cette construction pas finie. Même les peintures ont encore à recevoir leurs yeux !

We did find the house of Trulshik Rinpoche after few hours, but we were not able to see him. Apparently, his old age does not let him recieve visitors anymore. We did visit his new monastery which is being built now, and I thought you would benefit from photos of such a structure, not yet finished. Even the paintings of the main temple are missing their eyes!





Oui oui, c’est bien un énorme nid de guêpes, juste au dessus d’une fenêtre du monastère. Comment fait-on, quand on est bouddhiste et qu’on se doit de respecter toute vie animale, pour régler le problème ?

Yes, this is a wasp nest, just on a window of one of the monasteries. Now, when you are a Buddhist who are forbidden to kill sentient beings, how do you deal with that?


Après toutes ces heures de marche, nous sommes finalement revenus au point de départ, Swayambhu (enfin, après avoir essuyé la saucée de la mousson de l’après-midi). Nous avons alors visité les multiples temples, petits stupas et monastères construits sur la colline. Comme dans la plupart des autres monastères visités cette journée, on a pu rencontrer les moines ou laïcs qui y vivent et parfois être invités à boire un coup et discuter un peu – parler le tibétain aide ! Le plus beau moment fut cette rencontre avec ce moine qui ne semblait rien de spécial, mais qui était en fait un moine très éduqué, ayant passé 13 ans à étudier la philosophie au grand monastère de Drepung, dans le sud. Il nous invita sur la terrasse du monastère pour boire un coca et deviser à propos de choses et d’autres. Assis ainsi sur un tapis en parlant tibetain et en contemplant toute la vallée de Kathmandu, j’avais bien conscience que c’était là un de ces moments qu’on n’oublie pas. Je n’aime pas trop mettre de photos de moi, mais cette fois-ci je crois que ca vaut la peine, surtout avec la tête du moine.

Beaucoup de temples sur cette colline et beaucoup de singes aussi ! Les singes sont peut-être les vrais gardiens des temples. En tous les cas, ils aiment à regarder les touristes.

After hours of walking, we finally came back to Swayambhu, and we visited the different temples, stupas and monasteries established on the hill. As in many of the monasteries previously visited that day, we met monks or lay people taking care of the place who invited us to drink some juice or some coke. It always helps to speak Tibetan! The most beautiful moment was when a monk who looked like a little monk and who in fact studied 13 years in the great monasteries of the south of India invited us on the roof of his temple to drink a coke and have a little talk in front of the whole Kathmandu valley. Now, this was a moment, one of those you keep forever. I don't like to put photos of me, but this one is something, especially with the face the monk makes.

Many temples on this hill, many monkeys too! I was not sure who was guarding whom. Maybe the monkeys were just watching the tourists.






Les singes aiment quand les pélerins font des offrandes, surtout si elles sont comestibles.

Monkeys like when pilgrims make offerings to divinities - especially if they are tasty offerings



À l’intérieur du monastère de Shamar Rinpoche, le « Lama à la coiffe rouge », une statue grandeur nature du XVIe Karmapa.

Inside the moanastery of Shamar Rinpoche, the statue of the XVIth Karmapa.






Moment de la puja, le rituel de Mahākāla.

Time for puja.

Le stupa où sont sensées être conservées les reliques d’Ananda, le grand disciple du Bouddha lui-même.

This stupa is said to protect the relics of Ananda.


Selon la tradition, ce serait le stupa qui abrite les restes de Vasubandhu, le grand docteur deu Dharma. Mais je n’ai jamais entendu dire qu’il avait quitté son doux Kashmir pour venir jusqu’au Népal !


Joy, this is specially for you! Guess whose stupa that is? Vasubandhu! Yes! Well, at least that's what they say... I know, I know, you never heard he left Kashmir for Kathmandu.