La raison poiur laquelle il faut se lever
à 5h du matin:
goûter à ces moments magiques.Donc hier, j’en avais marre de mes bouquins, et le stoïcien-bouddhiste que je suis a suivi le mot d’ordre de l’empereur philosophe Marc-Aurèle à lui-même: “abandonne les livres!” Après mon traditionnel chiya et crèpe à la banane du week end, N. et moi sommes partis pour Swayambhu, l’autre grand stupa de Kathamandu, à l’ouest de la ville. Swayambhu signifie né de lui-même : c’est que ce l’état de Bouddha doit être si l’on veut faire de lui un état inconditionné, ne dépendant de rien et étant délivré de toute souffrance (et comprendre comment cet état inconditionné peut être produit par un chemin conditionné a engendré des débats et doutes pendant des siècles parmi les savants bouddhistes – débats passionnants mais sans doute pas pour la plupart des lecteurs de ce blog, d’où mon silence pudique).
Je voulais aller voir Trulshik Rinpoche, un très vieux Lama, l’un des derniers à avoir été éduqué et formé au Tibet, mais mes mérites karmiques ne sont pas suffisants ! Comme je ne savais pas vraiment où était sa maison (on m’avait dit « vas –là-bas et demande », la méthode népalaise qui marche du tonnerre, puisque l’une des maladies indo-népalaise c’est de t’indiquer le chemin pour trouver ce que tu cherches, même si l’on a aucune idée d’où ca se trouve), nous avons marché des heures dans les collines et les champs autour de Swaymabhu et apprécié cette campagne luxuriante et surtout si calme par rapport à Baudha ! (mon quartier) Voici quelques photos :
Au sommet de la colline, le stupa de Swayambhu.
Après plusieurs heures de marche, on a finalement trouvé sa maison, mais sans pouvoir y entrer. Il semble être en très mauvaise santé maintenant (il doit avoir 90-95 ans). Il fait construire un nouveau monastère, qui sera sans doute très beau. Il est en construction, mais j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser de voir cette construction pas finie. Même les peintures ont encore à recevoir leurs yeux !
Oui oui, c’est bien un énorme nid de guêpes, juste au dessus d’une fenêtre du monastère. Comment fait-on, quand on est bouddhiste et qu’on se doit de respecter toute vie animale, pour régler le problème ?
Après toutes ces heures de marche, nous sommes finalement revenus au point de départ, Swayambhu (enfin, après avoir essuyé la saucée de la mousson de l’après-midi). Nous avons alors visité les multiples temples, petits stupas et monastères construits sur la colline. Comme dans la plupart des autres monastères visités cette journée, on a pu rencontrer les moines ou laïcs qui y vivent et parfois être invités à boire un coup et discuter un peu – parler le tibétain aide ! Le plus beau moment fut cette rencontre avec ce moine qui ne semblait rien de spécial, mais qui était en fait un moine très éduqué, ayant passé 13 ans à étudier la philosophie au grand monastère de Drepung, dans le sud. Il nous invita sur la terrasse du monastère pour boire un coca et deviser à propos de choses et d’autres. Assis ainsi sur un tapis en parlant tibetain et en contemplant toute la vallée de Kathmandu, j’avais bien conscience que c’était là un de ces moments qu’on n’oublie pas. Je n’aime pas trop mettre de photos de moi, mais cette fois-ci je crois que ca vaut la peine, surtout avec la tête du moine.
Les singes aiment quand les pélerins font des offrandes, surtout si elles sont comestibles.
À l’intérieur du monastère de Shamar Rinpoche, le « Lama à la coiffe rouge », une statue grandeur nature du XVIe Karmapa.
Le stupa où sont sensées être conservées les reliques d’Ananda, le grand disciple du Bouddha lui-même.
Selon la tradition, ce serait le stupa qui abrite les restes de Vasubandhu, le grand docteur deu Dharma. Mais je n’ai jamais entendu dire qu’il avait quitté son doux Kashmir pour venir jusqu’au Népal !