J’avais l’impression que l’électricité se faisait rare en ce moment, mais je m’étais dit que cela n’était peut-être que le produit de mon imagination. Mais non. Je viens d’apprendre que nous allons être privés d’électricité 8 heures chaque jour pour 10 jours, et la raison (tenez-vous bien) c’est que l’une des trois turbines qui fournissent l’électricité à Kathmandu a rouillé. Oui, oui, rouillé. J’ai juste envie de dire « non mais c’est vraiment n’importe quoi », même si Victor et Lorris se paieront bien ma tête en m’imaginant dire cela.
Un journal presque bilingue pour donner des nouvelles et faire partager des moments, des photos et des anciennes lubies. An almost bilingual diary to give some news and share some moments and pictures.
Thursday, August 5, 2010
News flash
Panneaux - Signs
En gros ça dit : « Ceux qui déposent leurs détritus ici sont des cochons (ou des chiens) ». Je ne suis pas certain de l’efficacité de la formule par rapport au traditionnel «Veuillez s’il vous plait...», notamment au vu de ce qu’il y avait sur la route devant…
Roughly, it says: "those who put garbage here are pigs (or dogs). I wonder if that works better than "Please..." Judging by what was in front, I am not sure that's much more efficacious.
Pour les Francophones : « La seul et unique production et réparateur des vieilles du Népal » (et oui, ça sonne aussi mal en anglais)
Pour la coupe du monde de football : « Nous allons regarder le foot seulement sur Samsung… et vous ? »
Le dharma bouddhique fait vendre ! Il est dit: Toutes choses ont une cause!", pour un cafe internet (tu n'y bois pas de cafe, mais ca s'appelle quand meme comme ca)
The Buddhist Dharma sells!
Monday, August 2, 2010
Né-de-lui-même - Self-arisen
La raison poiur laquelle il faut se lever
à 5h du matin:
goûter à ces moments magiques.Donc hier, j’en avais marre de mes bouquins, et le stoïcien-bouddhiste que je suis a suivi le mot d’ordre de l’empereur philosophe Marc-Aurèle à lui-même: “abandonne les livres!” Après mon traditionnel chiya et crèpe à la banane du week end, N. et moi sommes partis pour Swayambhu, l’autre grand stupa de Kathamandu, à l’ouest de la ville. Swayambhu signifie né de lui-même : c’est que ce l’état de Bouddha doit être si l’on veut faire de lui un état inconditionné, ne dépendant de rien et étant délivré de toute souffrance (et comprendre comment cet état inconditionné peut être produit par un chemin conditionné a engendré des débats et doutes pendant des siècles parmi les savants bouddhistes – débats passionnants mais sans doute pas pour la plupart des lecteurs de ce blog, d’où mon silence pudique).
Je voulais aller voir Trulshik Rinpoche, un très vieux Lama, l’un des derniers à avoir été éduqué et formé au Tibet, mais mes mérites karmiques ne sont pas suffisants ! Comme je ne savais pas vraiment où était sa maison (on m’avait dit « vas –là-bas et demande », la méthode népalaise qui marche du tonnerre, puisque l’une des maladies indo-népalaise c’est de t’indiquer le chemin pour trouver ce que tu cherches, même si l’on a aucune idée d’où ca se trouve), nous avons marché des heures dans les collines et les champs autour de Swaymabhu et apprécié cette campagne luxuriante et surtout si calme par rapport à Baudha ! (mon quartier) Voici quelques photos :
Au sommet de la colline, le stupa de Swayambhu.
Après plusieurs heures de marche, on a finalement trouvé sa maison, mais sans pouvoir y entrer. Il semble être en très mauvaise santé maintenant (il doit avoir 90-95 ans). Il fait construire un nouveau monastère, qui sera sans doute très beau. Il est en construction, mais j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser de voir cette construction pas finie. Même les peintures ont encore à recevoir leurs yeux !
Oui oui, c’est bien un énorme nid de guêpes, juste au dessus d’une fenêtre du monastère. Comment fait-on, quand on est bouddhiste et qu’on se doit de respecter toute vie animale, pour régler le problème ?
Après toutes ces heures de marche, nous sommes finalement revenus au point de départ, Swayambhu (enfin, après avoir essuyé la saucée de la mousson de l’après-midi). Nous avons alors visité les multiples temples, petits stupas et monastères construits sur la colline. Comme dans la plupart des autres monastères visités cette journée, on a pu rencontrer les moines ou laïcs qui y vivent et parfois être invités à boire un coup et discuter un peu – parler le tibétain aide ! Le plus beau moment fut cette rencontre avec ce moine qui ne semblait rien de spécial, mais qui était en fait un moine très éduqué, ayant passé 13 ans à étudier la philosophie au grand monastère de Drepung, dans le sud. Il nous invita sur la terrasse du monastère pour boire un coca et deviser à propos de choses et d’autres. Assis ainsi sur un tapis en parlant tibetain et en contemplant toute la vallée de Kathmandu, j’avais bien conscience que c’était là un de ces moments qu’on n’oublie pas. Je n’aime pas trop mettre de photos de moi, mais cette fois-ci je crois que ca vaut la peine, surtout avec la tête du moine.
Les singes aiment quand les pélerins font des offrandes, surtout si elles sont comestibles.
À l’intérieur du monastère de Shamar Rinpoche, le « Lama à la coiffe rouge », une statue grandeur nature du XVIe Karmapa.
Le stupa où sont sensées être conservées les reliques d’Ananda, le grand disciple du Bouddha lui-même.
Selon la tradition, ce serait le stupa qui abrite les restes de Vasubandhu, le grand docteur deu Dharma. Mais je n’ai jamais entendu dire qu’il avait quitté son doux Kashmir pour venir jusqu’au Népal !
Tuesday, July 27, 2010
Surnoise - Sneaky
Voilà, vous voyez bien, je ne mens pas. Elle est là, toujours à me regarder, à vouloir me faire peur. Elle n'est pas énorme, mais pas petite non plus, et surtout elle est toute plate, capable de se faufiler partout. Évidemment, elle a choisi le meuble où je mets ma nourriture pour se cacher derrière... et le pire, c'est cette attitude sans gêne qu'elle a, le jour, de montrer juste ses pattes.
Bah.... peut-être que c'est une bonne chose, que je dois arriver à surmonter ma peur. J'ai donc décidé d'en faire un exercice spirituel - eh oui, Marc-Aurèle n'est pas bien loin. Je l'ai baptisée Clothilde, et quand je rentre je lui demande comment était sa journée, si elle a attrapé des moustiques, etc. Je me suis même surpris à me demander où elle était quand je ne la voyais pas, espérant que ma voisine ne l'avait pas immolée contre le mur. Si ça ce n'est pas de la force d'âme...
Friday, July 23, 2010
Je n’ai pas beaucoup écrit récemment, mais si c’est pour vous dire que je travaille beaucoup c’est un peu sans intérêt. Mais bon, c’est aussi vrai. Plus le départ approche – dans 3 semaines – et plus je me sens stressé à l’idée que je n’aurai pas fini ce que je voulais faire. Je m’entends très bien avec les savants avec qui je travaille, et je fais vraiment des progrès importants dans la compréhension de mon texte. J’ai aussi un bon prof de littérature moderne, avec qui je vais commencer à lire de la poésie. J’ai commencé à écrire des parties de chapitres de ma thèse et j’espère toujours être capable de finir le brouillon d’un peu plus d’un chapitre.
Je finalise lentement les dernières étapes de mon voyage. Le but final est de visiter un site que je désire voir depuis des années, les grottes d’Ajanta, à mi-chemin entre l’Inde du Nord et l’Inde du Sud. C’est un site incroyable où ont été conservées des sculptures et peintures d’une beauté incomparable. Il y a cette image du Buddha alors qu’il était dans une de ses vies passées tenant dans sa main une fleur qui est pour moi l'un des sommets de la peinture, et pas seulement bouddhique. Il faut donc que je me débrouille pour aller de Kathmandu à Pune (Inde occidentale, à 4h de train de Bombay/Mumbai), où je retrouverai Tashi, un bon ami ladakhi, avec qui j’irai visiter les grottes. Je ne m’étais pas vraiment rendu compte que trouver un ticket de train en Inde un mois à l’avance représenterait un défi. Mais bon, l’Inde a quand même une population assez importante et celle-ci voyage généralement en train. Après m’être brillamment rendu compte de cette évidence, mon bon géni me précisa que le train qui m’intéressait ne possédait plus qu’un seul billet. Evidemment je l’ai manqué, et j’avais soit la solution de prendre une couchette en catégorie slippers (soit avec des familles nombreuses, des animaux, des gens malades, à surveiller ses affaires constamment, etc.) soit faire un voyage de 47h dans une couchette plus tranquille… Après bien des palabres avec l’agent de voyage qui apparemment connaissait les trains indiens autant que moi – soit presque pas -, j’ai finalement trouvé un train partant le 19 août de Gorakhpur, pas très loin de la frontière népalaise, pour aller jusqu’à Mumbai. De là, il me faudra prendre un autre train pour aller a Pune. Mumbai-Pune ce fera en 4h. Gorakhpur-Mumai en 30h. Voilà ce que j’appelle se prendre du bon temps.
Sinon, j’essaie de terminer mes achats de livres et j’ai commencé à chercher une compagnie pour les faire envoyer. Tout le monde me déconseille la poste népalaise. Avec mes derniers achats de livres, j’arrive à un total de 58 kg (mieux que mon dernier séjour). Je sais bien c’est beaucoup, mais quand pourrai-je à nouveau acheter des livres tibétains ? Et puis, comme les éditions là-bas publient des choses de facon limitée, si on ne saisit ce qui se présente, on peut ne jamais plus avoir la possibilité de le trouver pour les 20-30 prochaines années. Bref, je me suis déjà rendu dans plusieurs bureaux, et je vous passe les détails des marchandages pour tenter de trouver un bon prix.
Je ne visite presque pas, étant concentré sur mes études, mais je me laisse un jour le week end pour aller voir en dehors de Bauddha, mon quartier. Samedi dernier, après mon traditionnel petit-déjeuner luxueux (masala chai et crêpes à la banane), je me suis offert en honnaeur de Krishna Jaganath (dont on a commencé la célébration qui va durer 2 mois) le coiffeur-barbier-masseur pour 1,20 euro – oui, ils font tout en meme temps ici. Ensuite, j’ai été avec N. (celui qui apporta les fromages, saucisson, banyuls bénis de chez nous) à Thamel encore pour chercher du thé, des bouquins, et manger une pizza. Quelques photos des alentours de Thamel.
Not much recently, again fully dedicated to advance the research. I made some significant progress thanks to the clarifications brought by the Khenpos, the Tibetan scholars. Without them, for sure, my dissertation would look differently. I am even wondering if I won't be forced to come back another time to lead some further research with them, since I cannot find any help or almost in the US.
I also started inquire for shipping my books, because I think I finally made the last purchase – well, maybe. At this point, I weighed a total of 58 kg of books and photocopies (so 120 Lbs). I know! but when am I going to be able to purchase Tibetan books again? And you know how they are: they publish a series, and then for 30 years they don’t publish it anymore. So there are things I found that will be useful in the future, some I could not let them pass in front of me, and some that are just gems – I mean, the newly publication of Ngog Lotsawa’s writings???? I know, how could I let it go!
Anyway, I will have to ship part of it, and so it has been so far in DHL-Cargo offices heavy discussions, haggling, pressure on the manager to get a better price… In the end, he looks like he is making you a favor and sacrificing part of his family to please you, and you have to ignore the fact that he yielded and that you won – because in fact you did not really win.
Monday, July 12, 2010
On va pas se laisser aller non plus - Let's not be lenient
Un mois déjà! Un mois entier ici, et toujours cette impression que je viens d’arriver… Il y a encore tant à faire, tant à apprendre, et dans un peu plus d’un mois maintenant, il sera déjà le temps de repartir. Je sais bien que les enseignements bouddhiques nous préviennent de l’impermanence des choses, mais quand même… ou peut-être ne le sais-je pas vraiment. Oui, oui c’est sûrement ca.
Donc pour fêter ce premier mois, les dieux ont apporté la pluie. La vraie, la mousson : toute la nuit il a plu, puis toute la journée. Ca a un peu rafraichi, ce qui est assez agréable.
Ca c’est pour la façon de fêter népalaise. Mais il y aussi eu une fête a la française… avec Comté, chèvre, saucisson, et Banyuls ! N, qui vient d’arriver il y a 2 semaines, a ramené dans sa valise tout ce qu’il faut pour survivre pour un Français – et encore plus un Français qui habite les Etats-Unis. Bref, on a eu un déjeuner avec toutes ces bonnes choses, le poulet au curry que sa cusinière avait fait, des gâteaux achetés au Saturday Café, et tout ca sur du Lully. Ce fut un moment très spécial entre Népal et France. Voilà:

Pour finir, il me faut avouer que j’ai rencontré une star. Eh oui, même une star de cinéma ! Kathmandu, c’est vraiment le Cannes de l’Asie. Si vous avez vu Kundun de Martin Scorsese, vous avez que c’est l’histoire du Dalai-Lama, depuis sa naissance jusqu'à son exil. Trois ou quatre acteurs jouent le Dalai-Lama à différentes époque s de sa jeunesse, et j’ai rencontré celui qui jouait le Dalai-Lama à 4-5 ans. Au premier abord, je ne m’en suis pas aperçu, ni même qu’il était un Tulku d’ailleurs. Un soir, on s’est réuni à plusieurs, et il a fait des popcorns. Et oui, un moine-acteur faiseur de popcorn, ca ressemble à ça :